Tuệ Lạc

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À la recherche du Bonheur.

 À LA RECHERCHE DU BONHEUR

Conférencier : Cs. Tuệ Lạc.

Traduit en Françcais : Dr. Phan Như Mai

***

Principaux traits.

 

1/ Introduction

Tout d'abord, je vous prie de bien vouloir garder l'esprit naturel, objectif, sans vous mettre dans l'attitude d'une personne nourrie d'espoir ou de désespoir devant une situation. Cette activité culturelle a pour objectif d'échanger des réflexions visant à créer des habitudes qui rendent votre esprit sain et vous permettre de comprendre le mot Bonheur.

Maintenant je commence :

 

Parler de "bonheur", notre pensée ne peut le dissocier de la souffrance.

Aller à la recherche du bonheur signifie s'opposer sagement à la souffrance. Ce sont les deux facettes d'une même action. Le mot "ou" que j’utilise souvent dans ce texte est simplement un "conjonctif" entre les deux mots "bonheur" et "souffrance" qui représentent les deux faces du problème.

 

Ceci nous amène à considérer dans quelle situation nous vivons. "Ce conjonctif", par la dualité opposable de nos pensées, aide à orienter notre capacité de réflexions vers l'observation objective.

BONHEUR "ou" SOUFFRANCE provient de l'association des sensations à travers les 5 (ou 6) sens face aux réalités de la vie. Celles-ci sont partagées entre le bénéfice du confort, de la célébrité et de la puissance ou l'accablement par des inconvenances (contrariété psychiques ou matérielles) tels des conflits familiaux, sociaux et face aux intempéries climatiques.

Bonheur "ou" souffrance laisse forcément de nombreuses empreintes dans notre mémoire, appelées aussi "subconscience" ou le 6è sens de l'être humain.

 

Etant adepte de Bouddha, je dois me baser sur ma connaissance bouddhique pour dialoguer avec vous. Mais ceci ne veut pas dire que mon discours ne s'adresse qu'aux bouddhistes, mais à tout le monde, sans exception.

 

* Selon l'enseignement bouddhique, bonheur "ou" souffrance fait partie de "l'agrégat de sensation", l'un des 5 agrégats de l’assemblage constituant un être humain (les 5 agrégats de l'existence sont matière, sensation, perception, formation mentale, et conscience). En bien réfléchissant, il existe 2 sortes de "bonheur" bonheur imaginaire et bonheur immédiat (réel).

 

* Le Bonheur IMAGINAIRE est facile à comprendre car il est "virtuel", "non-réel". Par contre, le Bonheur IMMEDIAT est tout à fait différent. Si en appliquant l'enseignement de Bouddha, nous vivons le présent avec une attention juste, tout en étant conscient de ce que nous faisons «quelle sensation nous ressentons», cette sensation est-elle agréable ou désagréable, "réelle" ou "non-réelle" en ce moment, nous pourrons alors assimiler l'ensemble de ces sensations quotidiennes comme notre fidèle compagnon.

Un profane dépourvu de sensations est quelqu'un qui n'est pas sain d'esprit, ne connaît pas le bonheur et même pour ne pas dire contre- nature. Et un sage n'est pas quelqu'un qui n’a pas de sensations mais qui a "l'habitude de les transformer" et surtout d'écarter l'ignorance. Dans le bouddhisme, un sage vit quotidiennement avec des sensations de "joie d'équanimité" et de "bonne foi".

Un homme sain d'esprit, lucide, se basant toujours sur "l'intuition" dans la reconnaissance d'une sensation de bonheur ou de malheur est un homme "pur". Lorsqu'un profane observe un sage, puis subjectivement le félicite, l'analyse, il le fait d'une manière philosophique, sans aucune exactitude.

 

Les gens qui réfutent hâtivement le bonheur dans sa globalité sont des extrémistes. Car une certaine sensation réelle et immédiate persiste en nous plus ou moins longtemps, puis se transforme et disparaît...parce qu'elle est impermanente et non pas "non-réelle".

 

 

IMPERMANENCE et NON-RÉEL sont deux sujets différents.

"Impermanence" désigne quelque chose qui EXISTE en ce moment mais cet état existentiel doit se transformer, ne dure pas indéfiniment.

Tandis que le "Non-réel" désigne quelque chose qui n'a jamais existé !

Un certain nombre de soi-disant bouddhistes mais qui n'ont pas encore saisi cette distinction décrivent le bouddhisme d'une manière subjective, partisane, faisant croire aux gens que le bouddhisme est une religion pessimiste qui  considère la vie  comme une longue suite de malheurs et d'illusions. C'est bien regrettable.

La première vérité, dans les  Quatre Nobles Vérités, même si sa traduction depuis quelque temps est "La VERITE de la SOUFFRANCE", véhicule quand même l'idée d'être "infligé" (joie et souffrance sont toujours en alternance), plutôt que celle d'une souffrance exclusive. La moitié d'une vérité n'est pas la vérité.

 

Par exemple, quand nous avons soif, nous buvons un verre de boisson vitaminée délicieuse qui nous procure une sensation agréable, celle-ci est bien présente et réelle. La personne qui pense que cette sensation est une "chimère" résultant de la boisson vitaminée et d'une sensation gustative... manque de réalisme, sans dire qu'elle est maladive et vit dans un monde fictif !

Si on pense que « cette sensation résulte des facteurs conditionnant l'existence et qu'elle ne peut exister que sous certaines conditions, donc.....non-réelle », ce raisonnement est inexact car il résulte d’une interprétation aberrante de la "production conditionnée" ou l’interdépendance dans le Bouddhisme ! 

D'après l'enseignement fondamental du Bouddhisme, la production conditionnée n'est autre que les cinq agrégats de l'existence. Or, «les cinq agrégats proviennent d'un assemblage» qui doit supporter la dualité (animé par la cupidité), et l’«être» doit supporter les deux situations contradictoires, joie et souffrance. C'est la DUKKHA ARIYA SACCA, l'une des 4 vérités du Bouddhisme !

Dans les textes scripturaires, on sous-entend que l'être humain souffre car il s'est imprégné d'habitudes égoïstes, s'accroche fermement aux phénomènes éphémères, et non pas parce que les phénomènes sont impermanents. Un phénomène "survenant dans la vie" peut se trouver réel ou non -réel  en fonction de la convoitise humaine et non à cause de son état impermanent grâce auquel il se manifeste et dure pendant un temps plus ou moins long.

Si l'homme accepte lucidement le présent (le phénomène) devant deux sensations "agréable" (mànàpa) et "désagréable" (amànàpa), il reconnaitra la vérité éternelle, sera moins malheureux ou bien moins tourmenté.

D’autant plus, l’impermanence est «la caractéristique» de quelque chose qui doit exister et qui est présente réellement sur le moment. Et si elle se transforme, c’est parce qu’elle a existé et a été présente, car si elle n’existait pas, comment pourrait-elle se transformer ?

Par ailleurs, l’impermanence (transformation continue) peut être considérée comme «une solution» nécessaire à la production conditionnée ou à la transformation interdépendante de l’ensemble des phénomènes mentaux et physiques. Il faut admettre «l’impermanence comme la solution». Imaginons un nouveau-né qui ne se transforme pas, n’évolue pas, ne grandit pas et qui reste immuablement dans cet «état permanent», sa vie sera-t-elle plus belle ou plutôt douloureuse ?

Dans ce cas, la permanence désirée par des profanes est un phénomène «contre-évolutif».

A l’inverse, l’IMPERMANENCE est le présent QUI EVOLUE.

En ce jour, je me présente devant vous non pas en tant que conférencier mais plutôt en tant qu’initiateur ou catalyseur sur «la RECHERHE DU BONHEUR».

*Je ne vous propose pas une recette toute faite (trop rigoureuse, ou soit disant «standard») tout en vous garantissant d'y trouver votre bonheur. Mais je vous fournis un certain nombre d’informations fondées sur l’étude Bouddhique et sur la philosophie nous permettant de trouver ensemble "une solution".

*Si nous admettons cette Étude Bouddhique, nous en tirerons un certain nombre de "principes fondamentaux précieux" ayant des rapports  très positifs avec notre sujet «A la recherche du bonheur, et atténuation de la souffrance".

II/ Entrée en matière

Avant d'aborder le sujet "À LA RECHERCHE DU BONHEUR" cherchons à comprendre quelques «termes» suivants :

1-Phénomène indissociable dans le Bouddhisme,
2-Caractères d'interactions physiques et la dualité opposable dans la  science et la philosophie,
3-Relations entre origine, facteurs conditionnant l'existence, et conséquence.
4-Doctrine du triple Karma, mais en un seul temps.

Attention :

Il existe encore un autre terme en Sino Vietnamien. C’est le mot "Ininterrompu". Bien que la signification de "l'indissociable" et de "l'ininterrompu" se ressemble, mais en utilisant des paraboles pour différencier, on s'aperçoit qu'il existe une légère différence :

"L'indissociable" démontre le caractère "inséparable" des 2 éléments mais "quand on voit l'un, on ne voit pas l'autre", comme l'endroit et l'envers d'un objet.

"L'ininterrompu" désigne aussi le caractère "inséparable" des 2 parties, mais quand on voit l'une, on voit aussi l'autre. Ces 2 parties ininterrompues sont délimitées par une frontière. Par exemple un continent fait suite à un océan.

Au cours d'une conférence au Club de la Pharmacie Populaire, j'avais abordé "la formule des 4T" (en Vietnamien) comprenant "Respect (tôn trọng), Entraide (tương trợ), Pardon (tha thứ) et Affection (thân thương), noté à la page 13 du livre "Méthode Thérapeutique" avec co-auteur Docteur Quan Vân Hung. Par ailleurs, dans ce livre, les «4T» désignent aussi les "4 fonctions importantes" dans la thérapeutique à endiguer la souffrance, et retrouver la tranquillité et la joie, qui sont :

-Le 1er T (initiale en Vietnamien Tôn giáo), désigne «avoir la foi en la religion», pensées positives, ou observer une bonne hygiène mentale et réduire le stress,
 -Le 2ème T (initiale en Vietnamien Thực phẩm), désigne une alimentation saine,
 -Le 3ème T (initiales en Vietnamien Thể thao, désigne des activités sportives, des exercices physiques quotidiens,
 -Le 4 ème T (initiale en Vietnamien Thuốc men) désigne la médication orientale ou occidentale qui doit être suivie correctement dans la posologie et la durée, sous la responsabilité de son médecin

Ce qui revient à dire que la pratique des «4T» est aussi une manière de récupérer et d'entretenir la santé, utile dans la recherche du Bonheur.

Par ailleurs, cette formule de «4T» nous éclaire aussi sur :

- T1: Tôn giáo, La Religion, force mentale comme une croyance juste, des pensées positives, une culture saine, une hygiène mentale, et une atténuation du stress.

- T2: Thể dục ou thể thao, activités sportives, l’assiduité dans le travail, et ne pas capituler devant la paresse.

 

- T3: Thực phẩm, alimentation saine.

 

- T4 : Thuốc men, bon usage médicamenteux, sans en abuser..v....v...

 

Chaque malade doit devenir son «propre soignant» dans la recherche de la bonne santé et de son bonheur !

La Méthode de «4T» utilisée dans la Prophylaxie et la Thérapeutique pour atténuer la souffrance a mis en évidence les 2 aspects importants, les «moyens» et les «causes» :

* «Les moyens» sont des éléments psychologiques (selon la science), et des directives vertueuses (selon les religions en général, et le Bouddhisme en particulier) qui ont pour objectif d'atténuer les  soucis, tristesse, peur, et colère préexistant en chaque être humain.
           

* «Les Causes». Permettez-moi de résumer ainsi en 4 mots : soucis,

tristesse, peur, et colère (exagérés) peuvent devenir "4 énergies nocives" ou « 4 causes toxiques» pour l'organisme humain. Elles seront à l'origine de nos maladies.

Selon l'être humain du coté positif, soucis ou angoisses, tristesse, peur, colère peuvent être considérés comme suit :

 

* Soucis est "à l'origine" de l'esprit responsable,
* Tristesse est "la conséquence" de l'esprit charitable,
* Peur est l’attitude normale de l'esprit réservé,
* Colère est la réaction normale devant une injustice (injustice à son égard ou à l’égard d’autres personnes subissant le même sort que soi).

 

Mais du côté négatif, Angoisse, Tristesse, Peur, et Colère sont très nocives comme indiqués ci-dessus. Pour cette raison, nous devons les transformer régulièrement. Autrement, nos esprits en seraient affligés et nous serions aveuglés.

Lorsque étant malades, nous devenons trop attentifs à notre maladie, sous 4 états "soucis, tristesse, peur, colère", notre défense immunitaire s'amenuise et n'est plus capable de lutter contre celle-ci.

Ou alors, quand nous sommes face à une situation compliquée (obstacles dans la vie) qui nous rend exagérément anxieux, tristes, affolés, coléreux, nous perdons toute lucidité, et la réponse obtenue peut tourner en notre désavantage, sans parler de l'incapacité à la résoudre, ou malgré tout si nous parvenons difficilement à trouver une solution, celle-ci sera bien chèrement payée.

Ou, vu qu'il nous reste peu de temps à vivre, si nous laissons les soucis, tristesse, peur, et colère brûler toute notre énergie positive mentale, ce malheur aura été involontairement perduré par nous- mêmes d’une façon regrettable.

Il faut savoir que l'impuissance et la passivité puis la résignation basées sur "un certain nombre de raisonnements quelconques" ne sont certainement pas, dans le bon sens du terme, les meilleurs moyens de "transformation" ou de maîtrise devant une situation difficile !

Alors, comment transformer "Angoisse, tristesse, peur et colère" ?

 - Bien que l'histoire Sino Vietnamienne de "l'homme ayant perdu son cheval" dans la sagesse orientale soit excellente, elle est encore insuffisante. Car bon nombre de lecteurs, même après avoir longuement ruminé cette histoire n'ont toujours pas réussi, du fond de leur cœur, à endiguer "Angoisse, tristesse, peur et colère".

- Ou parce qu'ils se sentent impuissants et faute de mieux, baissent les bras calmement et capitulent ! Est-cela une solution ? Et la mort "relativement tranquille" (mais rare) d'un certain nombre d'athéistes résignés, capitulant devant une difficulté fait partie de cette catégorie.

Selon l'enseignement Bouddhique, si notre Karma résulte des 5 agrégats de l'existence (corps et esprit, ou physique et mental) il y aura obligatoirement soucis, tristesse, peur et colère. Mais grâce au perfectionnement, notre conscience aura vaincu l'ensemble du corps et de l'esprit, lorsque nous avons réussi à supprimer angoisse, tristesse, peur, et colère. Ceci représente le caractère positif de l'esprit serein et courageux correspondant aux vertus d'un Saint.

De ce fait, pour être moins affecté (par malheur, joie) le profane doit fournir courageusement de gros efforts dans le perfectionnement. Il ne faut pas le prendre à la légère en disant "je me perfectionne comme je peux". Sachez qu'un perfectionnement bien accompli est le résultat de l’ensemble de chacun de nos efforts. Les grandes inondations qui balayaient la terre n'étaient pas causées par de tuyaux géants déversant de l'eau venant d'en haut, mais plutôt par un rassemblement de grosses gouttes et de fines gouttelettes d'eau de pluie.

En réalité, comme tout un chacun, nous souhaitons surtout avoir le bonheur de vivre longtemps, une santé parfaite, cela signifie que nous sommes encore attachés aux cinq agrégats de l'existence qui finalement perdurent en nous.

 

Comme je venais de dire, vaincre le corps et l'esprit ne veut pas dire être pessimiste, se déclarer vaincu, mais par contre les entretenir courageusement par une juste méthode (selon la science) et sans en être esclave (avec lucidité, compréhension juste, connaissance parfaite).

 

"VAINCRE" le corps et l’esprit, c'est l'origine. (La cause)

 

"ELIMINER" angoisse, tristesse, peur et colère

ce n’est que la conséquence. (L’effet)

Les sutras bouddhiques nous rappellent souvent que "réformer efficacement les causes et des résolutions saines s'offriront naturellement à nous". Les Personnages éclairés transforment toujours les causes  sans chercher nullement à éviter les conséquences. Ne jamais capituler devant une conséquence présente, mais toujours être prêt à lui faire face en se réconciliant avec elle quotidiennement par "la transformation"!

Bouddha et les Saints, avant de quitter définitivement ce monde, avaient traversé des périodes difficiles affectées par de graves maladies. Seulement, leur "esprit de sagesse" n'était plus prisonnier de l'ensemble du corps et du mental. Celui-ci ne s'attachait plus à ses habitudes ou sa conscience profane. Par conséquent, ces Sages  ne  connaissaient point d’angoisse, tristesse, peur et colère. Aussi ils n'avaient plus besoin de rechercher le bonheur comme nous !

 

 

Nous n’avons pas, pour autant, la prétention de nous comparer à ces Saints car cette comparaison en générant «le manque de confiance en nous» pourrait affecter notre capacité mentale. Nous voulons simplement souligner que la pratique suffisante de bonne conduite (suivre Le Noble Sentier Octuple) ou la réussite de la Perfection transcendantale (Discipline, Concentration mentale et Sagesse) est la meilleure solution pour dissiper angoisse, tristesse, peur, et colère et trouver le bonheur.

 

Par la même occasion, réjouissant devant “la formule des 4T”, nous prenons l’initiative de vous présenter des “symboles sains” en Anglais, appelé les “6W” provisoirement traduits en français par les mots “symboles forts”.

Cette formule des “6W” tend à éviter au maximum le moule standardisé de la dualité “Etre ou ne pas être” (to be or not to be). La formule complète se compose en Anglais de  6 mots de : Who (qui), What (Quoi), Why (Pourquoi), When (Quand), Where (Où), Which (Lequel), dont le rapport avec notre sujet “À La Recherche du Bonheur” est comme suit” :

WHO (Qui) : Qui va à la recherche du Bonheur ? Qui êtes-vous? En êtes-vous bien conscient ?

WHAT (Quoi) : C’est quoi le bonheur? - Ne l’ayant pas connu, comment le reconnaître ?

WHY (Pourquoi) : Pourquoi rechercher le Bonheur ? -Parfois, il en existe deux ou trois raisons.

WHEN (Quand) : Quand recherche-t-on le Bonheur ? Il faut le faire juste sur le moment. Le temps ne recule jamais !

WHERE (Ou) : Où peut-on trouver ce Bonheur ? -Le lieu véridique.

WHICH (Lequel) : Quel dharma choisir pour éprouver le Bonheur ?

Et avant de développer “la formule des 6W”, essayons d’examiner un certain nombre de Doctrines Bouddhiques et principes de relativité exposés dans la science et la philosophie. Ceux-ci servent de bases dans l’étude du sujet “A la Recherche du Bonheur”.

A/ Selon l’étude Bouddhique. (Une explication courte sur place) :

- Les Dharma de l'Indissociable (d'après le Livre  de la Doctrine Suprêmement subtile, Abhidharma)
- Les Dharma de la Dualité, Opposabilité, Interdépendance (Sutra). 

- Les Dharma de la relation entre l'origine, les facteurs de la production  conditionnée, la conséquence.
- Les Dharma relatifs aux TROIS karmas mais en un SEUL temps.

B/ Selon la science et la philosophie. Discussion sur :

- Le caractère des inter réactions physiques,

- La nécessité de la loi sur la dualité,    

- Le temps n'est pas une ligne droite,

- Le cycle du temps est le "trait d'union" entre malheur et bonheur.
Ce trait d'union peut être considéré aussi comme la limite (frontière) entre "Permanence" et "Impermanence".

LA SCIENCE PHYSIQUE DEMONTRE que :

La fin de l'un est le début de l'autre.

La vitesse efface le temps et l'espace.

C/ Revenons aux «symboles anglais» 6W en relation avec notre thème, développons :

- QUI (WHO) : Quel individu recherche le bonheur ? "QUI" ici hormis la signification d'un être ayant acquis "la conscience juste", est fondé aussi sur la doctrine de l'Indissociable et ne peut être séparé des autres QUI. Ainsi ce personnage "QUI" doit être conscient  que tous les bonheurs et malheurs d'un individu ne peuvent être dissociés de ceux des autres (karma collectif). De ce fait, le "moi" n'est pas obligatoirement ce "QUI". Dès cet instant, le pratiquant Bouddhiste aurait une attitude plus tolérante et plus courageuse même face à des obstacles ou de graves maladies.

- QUOI (WHAT) est l'objet de Bonheur. Même si le bonheur n'est qu'une sensation (esprit avec sensation de JOIE ou sensation D'ENTHOUSIASME d'après le Bouddhisme). Mais dans la vie profane quotidienne, le bonheur est lié et provient  d'un événement objectif faisant suite à une circonstance impliquant une ou plusieurs personnes. La joie d'une personne peut être un Bien ou un Mal d'une autre. Elle n'est pas nécessairement immuable. Par conséquent, le bon pratiquant Bouddhiste aurait une attitude plus lucide, plus légitime et plus ouverte sans aucune ambiguïté. Il est bien sorti du moule !

- POURQUOI (Why) ou le mécanisme de rechercher le bonheur. Ce mécanisme vise à trouver la force permettant de s'améliorer et d'évoluer. Si celui-ci n'est qu'une joie individuelle, égoïste, il sera sournoisement à l'encontre du progrès et conduira forcément à la tristesse (objectivement et subjectivement). C'est la raison pour laquelle le "pourquoi" ou le but de la recherche du bonheur d'un pratiquant Bouddhiste n'est ni de le "concrétiser" d'une manière égocentrique, ni de "se prendre théoriquement pour un saint". Et pourtant, certains érudits de l'intellectualisme fort éloquents et extrêmement intelligents l'ont approuvé et proclamé depuis toujours.

QUAND (When) ou le Temps. Habituellement, on recherche le bonheur quand (en ce temps) on se sent malheureux. Or d'après le Bouddhisme, les sensations de bonheur et de malheur sont déjà intégrées à l'intérieur du temps, donc nul besoin de les rechercher. Par exemple, "le cycle des 24 heures englobe incessamment le jour et la nuit, la lumière et l'obscurité. Cette notion est une NECESSITE. Ces 2 aspects bonheur (jour) et malheur (nuit) sont impermanents mais bien "RÉELS". Aussi, un homme pur ne doit pas, en s’appuyant sur leur caractère instable, les considérer comme "NON RÉELS" et cherche à les oublier. En réalité, il est impossible d'oublier !

Et la force du ZEN ne consiste pas à oublier les sensations, mais surtout à ne pas s'y attacher, à rester libre et à enrayer toutes sensations d'angoisse, de tristesse, de peur et de colère ! Pour cette raison, la pratique de la méditation doit être continue et non pas nécessairement pour un temps bien déterminé.

- OÙ (Where), espace. Ce mot qui désigne la sphère des éléments matériels "est" indéfini dans tous les sens du terme. L'espace peut être un endroit très limité, ou l'infini. Ici, «OÙ» n'est qu'un terme notifié, provisoirement réglementé pour cibler le présent. Mais l'espace se situe partout.

Du point de vue Psychologie philosophique, citons un exemple : Un "prisonnier" reconverti, résolu à faire de bonnes actions, ou devient éclairé peut aussi "se sentir libre" depuis sa cellule étroite jusqu'à sa sortie de prison.

 

Par conséquent, le sentiment de liberté dépend de sa capacité d'accepter la réalité et vaincre soi-même avec sérénité (face à un obstacle). Bonheur et Liberté ne sont pas nécessairement confinés dans un espace ou un endroit  précis. Même vivant chez soi, on peut très bien se sentir libéré de tout attachement avec un lâcher prise quasi-total comme si on est rentré dans les ordres monastiques !

-Lequel (WHICH). Ici le terme « lequel» désigne un choix conscient et conforme. Un homme éclairé qui se perfectionne régulièrement fera, sans se tromper, un bon choix pour ne pas être privé du sentiment de sérénité et de bonheur. Ainsi il n’est pas nécessaire que ce soit tel ou tel dharma.

(*Par ailleurs le contenu “6W” peut être aussi appliqué dans d’autres domaines de la politique, l’économie, la diplomatie, la science etc…Chacun peut trouver une situation à appliquer).

IV/ CONCLUSION

En conclusion, nous regroupons les principaux éléments en "un court résumé" colportant pratiquement toutes les idées fondamentales sur l'exposé que nous venons de présenter.

Nous osons penser que "LA CAPACITE DE RECHERCHER LE BONHEUR"(même relatif) d'une personne dépend pleinement de son niveau de connaissance actuelle (interne et externe) et de son aptitude à accepter son karma par interdépendance (cumulées dans son passé).

 Par ailleurs, L'INTROSPECTION dans le Bouddhisme, a aussi une valeur primordiale. Chacun de nous devrait honnêtement se questionner "Est-ce-que je me connais assez ?" "Est-ce-que je reconnais suffisamment mes bonheurs et mes malheurs" et "où en est ma capacité de transformation devant une situation conflictuelle afin de retrouver le bonheur ?"

Après avoir fourni des réponses à ce questionnement, un être humain (bien que n'ayant jamais rencontré  un malheur ou fait face à celui-ci) reconnaitra clairement où peut prendre origine ce sentiment de bonheur. Et il comprendra pertinemment que le "motif  de cette sensation agréable existante nommée bonheur" ne ressemblera nécessairement pas à celui des autres (car les causes sont différentes). Par conséquent, pour être heureux, on n'est pas obligé de réaliser les "mêmes bienveillances" que les autres.

Il doit aussi sincèrement distinguer le fait que "Avoir des pensées transcendantes  suprêmes  ne lui permet pas de s'attribuer un statut de saint". Certaines paroles dans le sutra de la sagesse suprême comme "la Matière est la Vacuité, la Vacuité est la Matière..." n'ont de valeur magnifique que lorsqu'il s'agit d'une perception par soi-même (connaissance profonde, éveil). Mais en réalité, elles ne sont rien, et ne représentent que des paroles d'un sutra récitées par cœur.

Il faut reconnaître aussi que les sages, au lieu de s'octroyer abstraitement un statut de saints, mènent pratiquement tous les jours une vie vertueuse.

Toutefois, si toutes les  personnes ayant des intentions de charité, la pratiquent systématiquement, il y aura bien moins de gens malheureux dans ce monde.

 

 

La plupart des profanes (surtout parmi les intellectuels) aiment bien se documenter et rassembler dans des livres une multitude de paroles transcendantes, semblables à celles des saints. Ils sont satisfaits de leur théorie et de l'idée de se prendre pour des saints. En revanche, dans la vie courante, ils se sentent toujours malheureux et incapables de vivre en sainteté.

Par ailleurs, au cours de la conférence d'aujourd'hui, nous exposons et commentons ce thème "à la RECHERCHE du BONHEUR" dans le but d'en faire une méthode qui modifie nos pensées et dont l'application permet d'éviter la souffrance.

 

Ici, dans l'ensemble, la souffrance se compose de Douleur, Joie, Colère, Amour, Haine, Bonheur et Désir (les 7 sentiments) ou les 4 "énergies nocives habituelles" : Angoisse, Tristesse, Peur et Colère qui sont sévies en chacun des profanes. Elles font souffrir non seulement notre mental mais aussi notre physique.

 

D'après la science, lorsque le physique souffre, le malade doit être traité par des médicaments et psychologiquement par la confiance, donc lorsque le mental souffre, il doit agir de la même façon. Ce qui veut dire que, pour qu'un traitement soit efficace, "un malade psychiatrique" doit modifier ses pensées par des applications pratiques (à travers le corps et l'esprit, c'est à dire par la confiance et la compréhension juste, et non pas simplement par des pensées ou des réflexions théoriques !

 

D'autant plus que la clairvoyance et la reconnaissance de l'effet de la science pratique doivent être respectées dans toutes réflexions, même dans la notion de "recherche du bonheur". L’impartialité dans la pratique est une attitude clé de toute évolution culturelle.

 

Devant un malheur, la première chose à faire est de garder patience et être prêt à affronter toutes les épreuves.

 

 La connaissance des religions en général, et du Bouddhisme en particulier, décrite clairement dans les sutras, en relation avec des réalités quotidiennes (de haut et de bas) aussi profonde et évidente soit-elle, n'engendre pas de miracles, même si elle peut être un excellent support mental.

Si nous pensons que ce savoir sur l’enseignement bouddhique nous aide à traverser nos malheurs et «nous apporte naturellement du bonheur, par une force mentale indéniable» (la foi) sans aucune pratique nécessaire, ce sera une énorme erreur.

 Les connaissances religieuses ou les théories théologiques ne sont  sûrement pas équivalentes à "des forces méditatives" pouvant nous apporter des pouvoirs divins. Car une "force méditative" ne peut être obtenue avec succès par le pratiquant qu'au bout d'un long cycle de pratique et de réalisation du dharma de la bienveillance, en appliquant la compréhension juste. Elle est complètement différente de la théorie philosophique et des pensées d'intéressement personnel.

Ne croyez pas que des prières même profondément sincères, s'adressant à une force extérieure et une foi impérative à une certaine divinité nous permettent de franchir toutes afflictions, aussi bien mentales que physiques, et trouver ainsi le bonheur. En réalité, le fait de croire et de prier avec sincérité pour ses propres intérêts ne permet nullement d'obtenir les faveurs des saints !

 

Selon nos connaissances "les Divins Bienveillants", de tout temps, ont parfaitement connu la nature humaine. Quel individu n'est pas sincère et ne met pas toute son âme dans ses prières ? Par conséquent, les deux notions "Etre sincère et mettre toute sa foi en pensant à ses intérêts personnels" ne sont pas des preuves concluantes pour pouvoir déduire que "cet esprit" est digne de recevoir des faveurs divines et d'obtenir le bonheur !

Une personne croyant au «bonheur absolu venant d'une force extérieure» ne trouve jamais le bonheur en soi. Car  le caractère interactif a bien démontré que "sans la force interne, il ne peut exister de force externe"

D'autant plus que le mental et le physique sont toujours étroitement liés. Dans la réalité, le physique influe facilement, à tout moment et "sans condition" le mental. Dès que le corps est malade, le moral s'affaiblit. En revanche, un moral bienveillant, tenant à accompagner le physique, exige une condition absolue : Il doit être immuablement doté d'une attention juste et d'une parfaite concentration.

L'immuabilité, l'attention juste et la parfaite concentration mentale ne sont pas des résultats inatteignables, mais plutôt très difficiles à atteindre. Surtout CES VERTUS ne peuvent absolument pas être obtenues  par pure théorie, ni par pure et simple confiance aux forces divines externes, ni par de simples pensées «nobles» !

 

 

Et plus encore, lorsque ses vœux ne sont pas exaucés ou son "idéal imaginaire" non prouvé, l'intéressé peut se mettre en colère contre les divinités. Prenons l'exemple d'une personne qui s'identifie à la sainteté, s'impose une introspection rigoureuse, mais sans succès sur l'éradication de sa souffrance. Il se met alors à douter de ce caractère surnaturel, se désespère et renonce à toute valeur éthique, et quelquefois cherche même à la souiller !

Ne pensez pas à tort que nous réfutons volontairement  le "caractère mystique" des religions ou de la "foi". Car même dans le domaine de la physique (caractérisée par son caractère concret et interdépendant, nous devons reconnaître ceci : "Il faut avoir l'un, pour avoir l 'autre". Dans la sagesse religieuse la force interactive qui crée des miracles.

Nous sommes nous posés la question, devant l'existence de cette force interne, si réellement nous avons puisé à l'intérieur de nous-mêmes, et à travers la loi des interactions, toute la source du bonheur ? Ou en revanche, nous avons trop tendance à nous tourner vers l’extérieur, faisant entière confiance à notre foi par intérêts personnels ?

Nous avons parlé, au cours d'une conférence précédente, que même devant la concrétisation du caractère mystique d'une religion (sans distinction religieuse) réalisée par des vibrations sonores d'une cloche, aucune cloche toute seule ne serait capable d'émettre des sonorités chargées de pressentiments et imprégnées de divines sensations. Cependant, seul un homme pur, en frappant légèrement la cloche avec un bâton, serait capable de nous les transmettre.

Evidemment, sans la cloche, les sonorités n'auraient  jamais existé. Celles-ci ont la capacité d'éveiller en l'homme de bons sentiments face à ce monde de violence. Ou encore, comment pourrait exister le mysticisme sans les religions ?

Un poète zen Chinois d'autrefois avait stipulé :

"En pleine nuit, le son de la cloche déclenche chez le voyageur mandarin voguant sur sa barque un sentiment de pureté et de sérénité".

 Ainsi si toutes les conditions n'étaient pas réunies pour faire retentir le son de cloche, comment pourrait-on entendre et ressentir les sonorités éclatantes avec autant de pureté ! De même, sans l'implication de la force interne, il ne pourrait y avoir de réplique de la force externe conduisant l'homme à se rapprocher des sensations mystiques ?

Selon le Bouddhisme, une pratique régulière de la force interne par "la Voie du Milieu" est la meilleure réponse à la capacité de surmonter toutes afflictions d'ordre mental et physique. Elle permet de trouver la joie, d’éviter la souffrance et de se tourner vers le bonheur

Citons un cas particulier, lorsqu‘un profane ayant une compréhension juste et une foi infaillible et qui respecte immanquablement les 5 préceptes dans la vie quotidienne, rencontre une difficulté ou tombe malade, il a "la possibilité" de se concentrer mentalement et prier pour "atténuer" ses "angoisse-tristesse-peur-colère" (comme toute autre personne). Et il constate que ses prières sont exaucées. Quelles en sont les raisons?

À bien réfléchir, le caractère mystique ne vient pas exclusivement du pouvoir externe mais aussi de la puissance interne par respect des règles de la moralité. Nous pouvons ainsi résumer en quelques phrases : "Une bonne pratique assidue peut aboutir à la concentration mentale et celle de la concentration mentale à la connaissance intellectuelle". Ici, la force intérieure est aussi la force extérieure et vice versa. Ne dit-on pas souvent que "les divins exaucent les vertueux ?".

Prenons l'exemple d'une personne vertueuse qui ne tue pas, ne vole pas, ne commet pas d'inconduites sexuelles, ne ment pas.

Le bonheur n'est autre que le rassemblement de TOUTES LES SENSATIONS AGREABLES (manapa vedana).

Naturellement, ces sensations agréables sont impermanentes et éphémères. Cependant, ce n'est pas parce que le bonheur est éphémère que nous devons renoncer aux sensations agréables et logiques que celui-ci nous procure. Surtout lorsque cette abnégation est suivie d'un ascétisme de purification visant à prouver prétentieusement que nous sommes vertueux. Dans ce cas, la prétention n'est qu'une autre face de l'insolence égoïste. Et plus fort encore lorsqu'on laisse transparaître une attitude de dégoût vis-à-vis des sensations joyeuses (bonheur momentané) lesquelles sont considérées comme la cause de la souffrance. Ceci est une réaction subtile de la violence et de l'insolence, l'autre face de la force cupide habituelle. (Ignorance).

Dans la réalité, la vie est constituée de sensations. Tant qu'on est vivant, on ressent forcément des sensations, le déni de celles-ci entraîne l'auto destruction ! Le pratiquant bouddhiste doit toujours être clairvoyant par la méditation et par l'assainissement de ses sensations afin de devenir plus sage. En revanche, il ne doit surtout pas tenter de les violenter !

Le Maître GOTAMA avant d'atteindre l'état de "Illuminé Suprême et Parfait" avait fait l'erreur de s’interdire des sensations agréables, avait pratiqué l'ascétisme de purification extrême pendant 6 ans sans aboutir à aucun résultat et s'était retrouvé face à un blocage total (!). Heureusement, il s’est ressaisi en revenant à la VOIE DU MILIEU (tout en évitant les 2 extrêmes, à savoir : opulence corporelle ou dénuement physique total) et a réussi le lâcher-prise parfait et devenir Bouddha.

De  par cet exemple, ne soyons pas extrémistes, ne nions pas l'existence des sensations normales et anormales mais surtout "transformons-les" à tout instant présent et avec bienveillance toutes sensations de joie et de douleur, afin de vivre heureux et en paix avec elles.

Or, pour vivre en paix avec nos sensations, appliquons la doctrine la plus directe ou «la Prise de Conscience physique» (Kàya anupassaSatipatthana) en utilisant comme moyen nos sensations profondes pour reconnaître notre corps et notre esprit.

Notre capacité de "maîtrise de soi" dépend de cette reconnaissance subtile et sereine. Car à part notre corps et notre esprit, il n'existe pas d'autres lieux pouvant procurer des sensations ! "La mer de la souffrance" représente justement ce corps et cet esprit. Pour franchir celle-ci, le seul moyen efficace consiste à reconnaître directement "les tempêtes" venant de cette "mer corporelle".

(Plus tard, si l'occasion se présente, nous exercerons ensemble "la Pratique de la Prise de conscience la plus directe de notre corps")

Il faut souligner que le sentiment de "joie" exprimé ici doit être un sentiment sans danger pour autrui. Car en notre fort intérieur, toutes sensations nuisibles à autrui comportent toujours subtilement une crainte (par relation de cause à effet) ressentie spontanément en chacun de nous, au fond de notre subconscience et difficile à détecter.

- Par conséquent, "une sensation de joie" égoïste ne peut être une sensation de bonheur !

D'autre part, du point de vue philosophique, la souffrance contribue aussi "indirectement" à la réalisation du bonheur. Les trois enseignements ("impermanence, souffrance (doit supporter la satisfaction ainsi que le mécontentement) et le non soi sont considérées depuis toujours comme "détestables". Cependant, leur force constitue  les trois conditions nécessaires à la perpétuation de toutes transformations de "l'esprit" et de "l'être" dans tout cycle de renaissance.

La reconnaissance de la sagesse à travers "l'impermanence", l'acceptation de la douleur et de la joie, et le non soi permettent d'évoluer vers une amélioration progressive de l'état spirituel et physique pour atteindre enfin "la vérité-la sagesse-la réussite", ou la libération totale, et ne plus jamais connaître ni souffrance ni bonheur. Ainsi une fois le perfectionnement par la VOIE DU MILIEU réussi, la question de la recherche du bonheur ne se pose plus !

 Revenons à la réalité quotidienne, toute attitude obstinée ou extrême est toujours dangereuse. Mais le plus grave danger consiste à considérer le bonheur temporaire comme un bonheur hypocrite, trompeur, parsemé d'embuches dont il faut systématiquement s'éloigner. Cette réaction est celle de l'ignorance conduisant systématiquement à l'attachement.

Dans la réalité, une personne qui, apparemment, critique, renonce au bonheur matérialiste, est souvent quelqu'un qui, du fond de lui même, accumule des désirs, s'attache à une existence matérialiste (sa réaction agressive le démontre bien) et est empêtré des cinq désirs sensuels.

MAHA NIDDESA, parlant des désirs malveillants, du temps de Bouddha avait bien mentionné que des pratiquants profanes refusaient intentionnellement des gratifications d'ordre matériel  quelque temps au début, mais finissaient par les accepter et bien davantage. (Jouer la Comédie)

Alors qu'un homme pur, de pleine conscience, s'est ressaisi devant toute impression de sensation de bonheur (physique ou spirituel). Il tâche toujours de s'en accorder lucidement pour vivre en communion avec toutes sensations (agréables et désagréables) générées par le matérialisme ou la spiritualité, tout en gardant le silence. Il  respecte calmement les règles de la moralité et de la méditation, pour pouvoir accéder à  la purification de l'esprit dans la gaité.

Toute cette pratique est celle de la Voie du Milieu. Il reste cependant une question «comment faire pour ne pas s'écarter de la Voie du Milieu, perpétuer la pleine conscience et la pratiquer consciencieusement  afin d'aboutir à un esprit qui progresse régulièrement tout en évitant "les extrêmes" !

Encore une fois, nous vous rappelons qu'il ne faut pas croire exclusivement  à cette notion : "Nous avons des pensées suprêmes et divines. Par conséquent, devant une situation difficile (comme un échec dans la vie ou une maladie grave) il nous suffit de remémoriser et de procéder à une vision profonde des paroles bien "ciblées" et nous voilà dégagés de toutes afflictions!

Car cette capacité de croire "qu'il suffit de penser pour être consolé" même si elle existait parfois, n'est pas la solution ! Et surtout au moment de l'agonie notre esprit n'est plus capable de réaliser "lucidement cette prise de conscience profonde" !

A vrai dire, ce phénomène de "conviction théorique" transformée en une "conversion subjective" est bien rare. Il pourrait être considéré simplement comme "l'équivalent" d'une "force" émanant de paroles réconfortantes et son caractère bienveillant est très provisoire. Il "abuse" toujours subtilement des gens "crédules" prêts à être ses victimes.

Par exemple, un grand acteur peut jouer sur scène impeccablement le rôle d'un président et parfois même la  ressemblance est plus que parfaite, mais malgré tout ce n'est toujours qu'un acteur !

Bouddha et les Saints avant de s'éteindre, ont surmonté facilement leurs douleurs car ils ont accompli la Perfection Transcendantale et la pleine Concentration Mentale (Paramattha pàrami samàdhi=fournir de multiples efforts pour réaliser la Pleine Concentration), leur esprit est d'une parfaite sérénité. Ils n'ont pas besoin de quémander, d'exercer une vision profonde sur des "pensées divines".

Dans le vocabulaire Bouddhique, si on parlait du terme "Développer la connaissance Intellectuelle", il faut savoir que "les extrémistes" (intransigeants) et "la conversion subjective" (être avide et croire à une force extérieure ou avoir des pensées divines) sont les deux plus grands obstacles au développement de celle-ci.

 Insistons encore une fois sur le fait que "la connaissance intellectuelle" ne peut prendre origine d'un esprit excessif, tendu par l'intransigeance, surtout par "la croyance à une force externe" et à la "théorie des pensées divines", sans aucune pratique pour bien comprendre soi-même et les êtres existants.

Et pour bien comprendre soi-même, il faut une connaissance parfaite du Bouddhisme, peu de théories, beaucoup de pratiques, bien appliquer tout l'enseignement du Bouddha ainsi que l'enseignement scientifique, lesquels englobant toutes les expériences d'une vie saine (à savoir : entretenir sa santé, yoga, activités physiques) !

C'est seulement au terme de cette connaissance approfondie de soi-même que l'être humain pourrait rechercher efficacement son bonheur !

 

Je vous remercie de m’avoir écouté.

 

TL

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Mise à jour le Dimanche, 17 Juillet 2016 10:27  

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