Tuệ Lạc

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Les qualités de l'Eveil

QUESTIONS ET RÉPONSES

Concernant Les Qualités de l’Eveil

16 questions et réponses correspondant à l’Eveil dans le Bouddhisme

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1- Le Bouddhisme «valorise» hautement le mot Eveil, Bouddha en est l’exemple de Parfait Eveillé. Alors que signifie Eveil ?

- Être éveillé, c’est reconnaître la réalité éternelle de la vie.

2- Quelle réalité éternelle ?

- La réalité éternelle sur nous-mêmes et sur tous les êtres.

3- Entre ces deux réalités, laquelle devons-nous reconnaître en premier ?

- La réalité sur nous-mêmes, en premier.

4- Pourquoi doit-on reconnaître la réalité sur nous-mêmes en premier ?

- Parce que si on ne reconnaît pas la réalité sur nous-mêmes, on ne peut pas reconnaître la réalité sur tous les êtres.

5- Que sous-entend «tous les êtres» ?

- «Tous les êtres» ici englobent le cadre de vie mondaine dans son ensemble en particulier et tout l’univers en général. Dans le Bouddhisme, cette notion est appelée «tous les phénomènes».

6- Comment faire pour reconnaître la réalité sur nous-mêmes ?

- Il faut donc nous examiner nous-mêmes, car «nous-mêmes», c’est une «prison», un «océan de souffrances», autrement dit une «équation» qu’on doit résoudre.

7- Par quels moyens l’examinons-nous ?

- En ramenant l’Esprit dans le corps pour se retrouver soi-même ou en appliquant la méthode de méditation appelée «TOUTE ATTENTION AU CORPS».

8- Que veut dire TOUTE ATTENTION AU CORPS ?

- TOUTE ATTENTION AU CORPS consiste à entraîner l’esprit à rester constamment en éveil pour que la non-pensée s’installe dans tout le corps, au lieu de vagabonder à l’extérieur du corps, surtout à ne pas se projeter à la poursuite, à travers les cinq sens, des pensées illusoires environnantes, futiles et source de souffrances.

9- Comment les pensées illusoires, futiles peuvent être source de souffrance ?

- Poursuivre ces pensées illusoires futiles qui sont source de souffrances, c’est chercher l’impermanent, l’instable, l’incertain, l’objectif sans fin, le malsain ou malintentionné.

10- Pourquoi les qualifier de malsaines ou malintentionnées ?

- Malsain ou malintentionné, c’est parce qu’elles ne cessent de susciter l’esprit à la convoitise qui demande à être assouvie, ce qui ne peut jamais être réalisé…

11- Explications concrètes ?

- Quand l’esprit se projette vers l’extérieur à travers les cinq sens, cherche les formes, les sons, l’odorat, le goût, le toucher ou les 8 dharma mondains, il poursuit des pensées illusoires, malsaines (malintentionnées), cependant il reste toujours insatiable puisque la cupidité est un puits sans fond.

- Par contre, si l’esprit ne se projette pas au-delà des cinq sens, l’esprit en éveil et serein en deçà (ou TOUTE ATTENTION AU CORPS) trouve progressivement le calme. Alors il perçoit, et arrive à constater les changements subtils survenus intérieurement (le vieillissement, l’affaiblissement, la maladie, l’impermanence). Une fois qu’il a perçu ces réalités, l’esprit est éveillé devant tous les changements naturels, vit heureux sans s’attacher à ce corps physique impermanent.

12- Quels sont ces cinq objets extérieurs influençant les cinq sens, et les 8 dharma mondains ?

- Ces cinq objets extérieurs sont : la beauté qui frappe nos yeux, les sons qui charment les oreilles, les fragrances qui frappent le nez, les saveurs qui frappent la langue, et le toucher agréable qui frappe la peau.

- Les huit dharma mondains sont : les acquisitions (pécuniaires, matériels), les pertes (des biens, du pouvoir), la notoriété (les louanges), le déshonneur (subir des critiques), le plaisir d’être ensemble (être unis), la souffrance de l’éloignement (séparation), être aimé (recevoir des faveurs), être haï (disgrâce).

13- Pour préparer la recherche de soi par TOUTE ATTENTION AU CORPS, quelles sont les préliminaires pour ceux qui vivent encore en contact avec le monde extérieur ?

- Il faut s’évertuer à pratiquer les 2 actions méritoires qui consistent à partager la richesse et respecter les préceptes, c'est-à-dire aider les autres et éviter les cinq mauvais agissements (ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commettre l’adultère, ne pas mentir et ne pas consommer d’alcool ou de stupéfiants.

14- La civilisation moderne peut-elle être un «problème» pour la pratique de TOUTE ATTENTION AU CORPS dans la recherche de soi ?

- Si nous pratiquons sérieusement l’attention au corps conformément au Bouddhisme, les progrès de la science ne peuvent pas y faire obstacle. Les récentes avancées scientifiques, surtout en médecine, qui étudient sur les métamorphoses du corps humain nous seront d’une grande aide dans l’observation du corps par l’esprit. Autrement dit, d’un point de vue scientifique, tout phénomène de changement dépend des cycles physico-chimiques de la matière, ceci correspond tout à fait au principe de cause et effet et d’impermanence du Bouddhisme.

Il a déjà été prouvé scientifiquement que tout a une origine et qu’il n’y a pas quelque chose qui a existé, évolué, dépéri puis disparu complètement. Tout se transforme, s’unit ou se désunit… suivant un certain nombre de conditions. Le Bouddhisme appelle cela les phénomènes du Dharma ou interdépendance infinie.

Alors ce qui est visible peut devenir invisible et inversement. Par conséquent, les deux domaines réciproques ou «dualité opposable», qui sont le corps et l’esprit, ou le physique et le métaphysique du Bouddhisme et de la Science ne sont pas contradictoires.

Si la Science prend l’efficacité de l’assemblement, ou l’«action-réaction» comme principe, le Bouddhisme prend la force personnelle de la pratique du Dharma (ou connaissance puis partage) comme base. Les deux (Bouddhisme et Science) se fondent sur le processus d’une connaissance juste de la réalité (corps/esprit et environnement) pour avoir des connaissances justes.

Malgré que la Science ne parle pas de «vue juste» mais elle a l’habitude de parler de «civilisation expérimentale». Nous pouvons donc considérer la «civilisation expérimentale» comme le fruit de la «vue juste».

Dans le domaine culturel, la Science critique l’obscurantisme, ou la situation d’ignorance d’après le langage bouddhiste. C’est à partir de la vue juste que les différentes manières de réagir (caractères) de chaque individu qui suit la voie du Bouddha se manifestent, tels que vivre sans attachements, garder en toute chose le juste milieu, se suffire à soi-même, vivre sans haine, vivre en harmonie avec les autres, avec la conscience du non soi, que tout est dépourvu de substance, en évitant de commettre de mauvais karma, vivre paisiblement….

En fait, le Bouddhisme préconise plutôt de s’éclairer l’esprit ou de pratiquer la Vue pénétrante, et non pas d’aller à l’encontre du progrès matériel.

15- Quelle est l’importance de TOUTE ATTENTION AU CORPS dans la pratique du Dharma chez les bouddhistes ?

- Toute attention au corps est la première base dans les QUATRE BASES DE LA PLEINE CONSCIENCE comprenant l’attention au corps, l’attention aux sensations, l’attention à l’esprit et la pleine conscience de tout phénomène. Il faut d’abord que l’attention au corps soit parfaitement maîtrisée avant que le pratiquant puisse expérimenter l’attention aux sensations, l’attention à l’esprit et la pleine conscience de tout phénomène.

La raison en est que toute sensation a son siège dans le corps. Et ces sensations sont «l’étalon de mesure» pour évaluer la réaction de l’esprit. Autrement dit, ces sensations sont aussi les «instruments» pour forger l’esprit. Une fois l’esprit forgé et apaisé, le pratiquant peut progresser vers la pleine conscience de tout phénomène et réaliser le Dharma d’éveil.

A la fin, après qu’il a réalisé le Dharma, l’esprit n’a plus de réaction et reste indifférent devant les transformations ou non-transformation, l’impermanence ou la permanence. Il est équanime car parfaitement conscient de la réalité que les transformations éternelles cycliques de la vie doivent être AINSI, il a atteint l’EVEIL.

16- Les QUATRE BASES DE LA PLEINE CONSCIENCE, est-ce la concentration sur un point ou l’observation sans attachement ? («Concentration sur un point» veut dire fixer un objet ou un objectif, et les observer sans attachement et avec sérénité).

- Les QUATRE BASES DE LA PLEINE CONSCIENCE sont en même temps la concentration sur un point et l’observation sans attachement. Quand on est encore au stade inférieur de l’ATTENTION AU CORPS, c’est la concentration sur un point qui est la respiration comme objectif pour arriver à l’esprit serein. Une fois que cette sérénité est atteinte, on passe aux stades plus avancés.

Puis, devant cette sérénité, les sensations corporelles «apparaissent» automatiquement en parallèle avec la respiration. A ce stade, l’esprit du pratiquant n’a plus besoin de chercher quoi que ce soit pour se trouver «face à face» avec les sensations. Ce «face à face» l’aide à voir clair ou à mieux observer le changement latent du corps. Ainsi l’observation sans attachement signifie la vue claire ou observer sereinement.

Par ailleurs, nous ne devons pas confondre “observer” et “réfléchir”. Car observer sereinement c’est voir avec indifférence (équanimité), tandis que réfléchir c’est regarder subjectivement pour analyser et apprécier suivant ses propres critères. Toutes ces conclusions appartiennent aux préjugés, même si elles sont des réflexions, des analyses excellentes, mais qui sortent du profane. Car dans le tréfonds de la pensée des mortels, il y a toujours la conscience subjective qui continue à juger, à être attaché à des valeurs, c'est-à-dire à être enlisé dans l’ignorance.

-Tant qu’on n’est pas sorti de l’ignorance, l’Eveil et la libération parfaite ne seront pas au rendez-vous !

 

Exposé par Tuệ Lạc

Traduit en français par Madame Dương Liễu


Mise à jour le Mardi, 17 Janvier 2017 10:50  

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TEXTE EN FRANCAIS